humour volley

Clisson 1/Marsauderie/NPVB/BG1 : la Bérézina, ou l’appel à un ami

Classé dans : Résumé Equipe 1 | 1

« 3 matchs, 3 défaites » : ça c’est du résumé, sens de la synthèse, sens de la formule…

Clair, conçis et tout et tout…. Je pourrais m’arrêter là. Vous auriez aimé hein ?! et ben non ! Soyons sérieux deux minutes, vous avez vu qui signe ?! Alors accrochez vos lunettes et installez-vous bien. 3 résumés en un, estimez-vous heureux !

Reprenons : «  3 matchs, 3 matchs ».

Ok objectivement, les scores ne sont pas franchement en notre faveur. Comme ça, de loin, on pourrait dire : « les nazes, ils sont trop nuls, ils ont fini de se la péter avec leur maillots Hellfest, bien fait pour eux, toutes façon ça leur pendait au nez… » etc etc… on pourrait.

Mais j’ai une question pour vous : « qu’est-ce qu’une « défaite » ? ». Je vous aide : C’est un fait, un incident de parcours, la possibilité d’une victoire à venir. C’est évidemment aussi un sinistre, un échec, un insuccès, un revers, une déroute, parfois une débâcle, une débandade, un désastre, une perte, une fuite,… oui, bon… je peux en égrener encore quelques-uns, de synonymes, c’est juste pour vous dire qu’il y a de la nuance dans la défaite…

Par exemple, contre Marsauderie, où nous brillâmes par notre absence, ce fut une forme de déconfiture, de dégelée, de déculottée, de branlée, alors que lundi dernier, contre BG c’était plutôt de la capitulation énergétique, une défaite morale de la hargne, une banqueroute après le chant du cygne, un fiasco qui commençait plutôt bien, un naufrage après avoir remporté un set. En comparaison, la semaine dernière contre NPVB c’était encore une autre histoire, une vicissitude, la déconvenue, un avortement, une bérézina malgré des tentatives, un bide, une faillite. En résumé : 3/0 contre Marsauderie, 3/0 contre NPVB , 3/1 contre BG : vous voyez, on a progressé. Il faut relativiser.

Pour autant, il faut bien admettre que le destin ne nous est pas favorable après un joli début de saison… à se demander quels Dieux président à notre sort, et nous condamnent ses derniers temps, malgré de réels efforts, à nous prendre violemment les pieds dans le tapis… Sont-ce les Autres qui sont meilleurs ? Nous qui ne sommes plus à la hauteur ? d’où vient cette Bérézina sportive ? C’est une interrogation existentielle qui s’ouvre devant nous après ces trois … incidents de parcours ? …. Chocs avec la réalité ?… preuves de nos limites ?… provocation du sort ???

Quand tout va mal, reste l’appel à un ami, …. Le mien s’appelle Victor (Hugo pour ceux qui le connaissent) et je vous livre un extrait de notre dialogue d’hier lorsque je l’ai joint par TSF (Téléphone Sans Fil) :

L’expiation (in les châtiments)

Lui :

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l’aigle baissait la tête ?

Moi :

C’était un lundi soir, contre Marsauderie
Et nous fumes absents, comme pris dans la tempête.

Lui :

Sombres jours ! L’empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant ?

Moi :

L’image est bien usée, car on n’a rien brulé,
Victor tu le sais bien, nous étions juste ailleurs,
Marsau nous a cherchés, mais en vain semble-t-il,
Pour nous coller enfin, 3/0 dans les dents.

Lui :

Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche ?

Moi :

Contre NPVB, nouvelle déconfiture,
Pourtant on a tenté, avec constanssitude
malgré l’aide de Tof en remplacement d’Alex
et l’entrée en matière d’un Nico tout fringuant.
Mais en vain.

Lui :

On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau?

Moi :

On cherchait la lumière, on n’a vu que des bribes.

Lui :

Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre?

Moi :

Quand on voyait un peu, on changeait des placements,
Mais les services flottants eurent raison de nos lignes,
3/0 c’était fait, pourtant on y croyait.
tu vois?

Lui :

Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.
Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d’être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise?

Moi :

Est-ce que ça frappait dur ? Je ne m’en souviens pas,
Mais les ballons tombaient, lourds de notre côté,
Problème de gravité, mais très localisé.

Lui :

Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n’avait pas de pain et l’on allait pieds nus?

Moi :

D’accord, le resto chinois, on n’aurait pt’êt pas du,
mais c’était cher payé, l’instant d’égarement,

Lui :

Ce n’étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C’était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d’ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.

Moi :

Solitude, tout est dit : ça communiquait mal.
Chacun dans son silo, déroule sa partition
Mais où est-elle la rage, l’envie de tout donner
La foi insubmersible et l’agressivité ??
Le lien qui nous unit se serait donc brisé ?

Lui :

Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul?

Moi :

C’est bon, Victor, tu nous l’as déjà dit…
Et je t’ai dit que oui, on avait un problème.
Faut pas non plus taper, sur l’ambulance qui traîne.

Lui :

– Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?

Moi :

Justement, la question qui m’emmerde un p’tit peu.
Est-ce qu’on peut s’en sortir ? est-ce qu’on va revenir ?
Tu en penses quoi Victor ? C’est nous ou c’est d’ailleurs ?

Lui :

Deux ennemis! le czar, le nord. Le nord est pire.

Moi :

Je vois bien je le sais, le combat est injuste.
Deux ennemis tu dis: les autres, et nous-même.
Le pire étant toujours le plus proche des deux

Lui :

On jetait les canons pour brûler les affûts.
Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,
Ils fuyaient ; le désert dévorait le cortège.

Moi :

On a été tentés, de tout abandonner.
Ou les uns ou les autres, de l’éponge jeter.
Trop peu nombreux hélas, nous dûmes revenir,
Et remettre une fois encor notre habit désuet

Lui :

On pouvait, à des plis qui soulevaient la neige,
Voir que des régiments s’étaient endormis là.
Ô chutes d’Annibal ! Lendemains d’Attila !
Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,
On s’écrasait aux ponts pour passer les rivières,
On s’endormait dix mille, on se réveillait cent.

Moi :

Pas de pertes humaines, on était chaque fois là,
Avec de l’apport neuf, de bons bras généreux,
Mais chaqu’ fois, on croyait que c’était la dernière,
Et Chaqu’ fois, trois fois, on s’l’est prise par derrière

Lui :

Ney, que suivait naguère une armée, à présent
S’évadait, disputant sa montre à trois cosaques.
Toutes les nuits, qui vive ! alerte, assauts ! attaques !

Moi :

On est restés fidèles à notre général.
Parfois chez nous aussi, on retrouvait le cœur,
Un contre, bien chaussé, nous donnait du bonheur,
Une attaque bien plantée et nous sautions de joie
Mais ensuite, O ami, c’était trop vite la fin.
Et ces glorieux faits d’arme ne nous suffirent pas
A l’emporter au score, et changer le destin.

Lui :

Ces fantômes prenaient leur fusil, et sur eux
Ils voyaient se ruer, effrayants, ténébreux,
Avec des cris pareils aux voix des vautours chauves,
D’horribles escadrons, tourbillons d’hommes fauves?

Moi :

Y’avait un peu de ça, ils insistaient toujours.
Des vautours, des hommes chauves, Et des femmes sauvages,
Tournoyaient harcelaient jusqu’à ce que nous cédions
Nous laissant là exsangue, devant notre défaite

Lui :

Toute une armée ainsi dans la nuit se perdait.
L’empereur était là, debout, qui regardait.
Il était comme un arbre en proie à la cognée ?

Moi :

L’empereur, mais c’est qui ? On ne nous a rien dit !
Mais ou est-il çui là, qu’on puisse lui parler,
Qu’on lui dise « Empereur, tu nous as bien lâchés ! »
Qu’on exulte la peine, et purge les rancœurs.
Qu’on réclame vengeance, ou expiation enfin,
Et qu’on tourne la page, pour libérer l’engin.

Lui :

Sur ce géant, grandeur jusqu’alors épargnée,
Le malheur, bûcheron sinistre, était monté ;
Et lui, chêne vivant, par la hache insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regardait tomber autour de lui ses branches.

Moi :

Aucune mansuétude, il rit de nos malheurs.
J’ai envie de lui dire : « Vieille branche toi-même
C’est facile après coup, il fallait se mouiller,
Descendre dans les tranchées, sauter, frapper, plonger.
Ne pas laisser les pauvres, esseulés et meurtris,
Porter sur leurs épaules, le lourd joug des bannis ».

Lui :

Chefs, soldats, tous mouraient. Chacun avait son tour.
Tandis qu’environnant sa tente avec amour,
Voyant son ombre aller et venir sur la toile,
Ceux qui restaient, croyant toujours à son étoile,
Accusaient le destin de lèse-majesté,
Lui se sentit soudain dans l’âme épouvanté.

Moi :

Ah ben il était temps, que ça lui fasse du mal,
Enfin, tu ne crois pas qu’il lui faut réagir ?
Insuffler à ses troupes la rage de revaincre,
Redonner à bouffer à tes ouailles perdues,
Qui hèlent ta pitié, et ta protection ?
Empereur de mes deux, n’a qu’a se r’mettre en cause !

Lui :

Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
L’empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire
Trembla ; Napoléon comprit qu’il expiait
Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,
Devant ses légions sur la neige semées :
« Est-ce le châtiment, dit-il. Dieu des armées ? »
Alors il s’entendit appeler par son nom

Et quelqu’un qui parlait dans l’ombre lui dit : Non.

Moi :

Mais putain c’est qui le con qui a éteint la lumière ?

(…) Victor est très bavard, et on s’est bien trouvé alors j’arrête là l’extrait de nos billevesées. Sachez, juste qu’à ce stade, et après cogitation, après l’affront, la mortification, l’outrage, la vexation, On y retournera, sans patronage idiot, sans références stupides au passé, à hier. On ira retrouver et cultiver la rage, puisque la vie est là, et avec elle l’espoir.

Fucius, un autre pote, qui, comme le disait Pierre Desproges qui le connaissait bien, avait oublié d’être con, m’a dit un jour que « La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute. »

C’est dit, Toppons là les amis,Et retournons-y !!

M la Maudite

 

 

Une Réponse

  1. Sébastien Hoguin
    Sébastien Hoguin

    Bel entretien en effet ! Mais Clisson 1 n’a pas dit son dernier mot. Quand on tombe, c’est pour mieux se relever !! Et Clisson 1 va se relever comme il l’a toujours fait. Le plus important est de jouer ensemble, de prendre du plaisir, d’être ensemble, d’exister quoi !

Laissez un commentaire