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Hauts les coeurs de Filles: luttons contre la Trumpettisation !

Classé dans : Résumé Equipe F, Résumés de match | 0

Mercredi 9 Novembre 2016. Tombée du lit où je serais bien restée, lovée dans la chaleur du corps de léonce qui s’y est glissé à l’impromptu en l’absence de son papa. 7h30, la radio grésille ses onomatopées qui parviennent difficilement à percer le brouillard qui occupe ma tête lourde. Le cou raide, les bras endoloris, je regarde couler le café, tendant d’une main distraite une tartine bien beurrée à Léonce qui fait le malin sur sa chaise haute. Donald. On est mercredi. Le café coule goutte à goutte et l’odeur chaude remplit la pièce. Le grille-pain diffuse une odeur dense de pain croustillant. Trump. Dehors, je vois d’un pas pressé passer les travailleurs qui se pressent pour avoir leur train. Un matin. Un mercredi matin. Pas d’école. Journée avec les enfants. Et c’est tant mieux. Lendemain d’un match… pas top bien dormi, mais…on s’en fiche : on a gagné, on est les plus fortes et les plus belles. Président. Une étincelle, quelquepart. « les Panthères du Vignoble »… ça me plait bien. Président ? Un coin de lucidité qui trépigne. Ah, oui, c’est vrai, je suis Présidente du club. Et les filles ont gagné cet opus. Mon premier match gagné, on va casser la baraque ! Merci les filles. Et Barack … Obama. Haut, Bas ma quoi ? Léonce a saisi à pleines mains la tablette de chocolat qui est sauvée de justesse par la main leste de son frère aîné. Heureusement qu’on peut compter sur le bon sens de ses enfants ! Edgar lit son Petit Quotidien, et tous écoutent la radio, plus que moi, qui fignole doucement mon réveil. « Maman, c’est vrai que le réchauffement climatique a été créé par les Chinois ? » mais non, bien sur que non. « alors pourquoi il a dit ça le futur président de l’Amérique, c’est idiot ». « quoi ? ». je repense aux services de Faranak, dont c’était le premier match avec nous, au beau travail des passeuses, aux conseils avisés de notre capitaine et coach. « tu dis quoi Harold » ? « futur Pré… mais non mon chéri tu te Trump. »… soudain la lumière est crue. Mes yeux se dessillent. Le café a sauté dans ma tasse. ….. ……….. Monte le son : en avoir le cœur net.  ………. Donald ………… Trump………… 45éme…………. Président NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOn ce n’est pas pas possible ! une blague, j’aimerai… tant que ce soit une blague…. …………………………………………………………………………………10 Minutes de radio plus tard, j’en ai le cœur net, et le cœur au bord des lèvres. Oh dérisoires souvenirs joyeux de la veille. Si c’est vrai, et c’est vrai, comment je vous dirais les enfants que c’est triste à mourir de voir arriver un fantoche pareil, élu on ne sait comment pour un programme qu’on préfère encore ignorer puisqu’il ne semble pas le connaître lui-même. Alors hier soir, dérisoire peut-être, mais essentiel aussi. De se souvenir de la joie simple d’être ensemble, sans considération de couleur de peau ou de religion, la seule admise étant celle du ballon rond. Fondamentale l’attention aux autres, y compris et surtout à celles qui débutent : Marsauderie présente une jolie équipe en devenir, positive et brouillonne, mais qui bouillonne de l’envie d’avancer. On gagne, pas sans mérite, même si cela sera toujours sans gloire. On gagne une bonne soirée entre amies, de bons fous rires,  des envies d’avancer, de faire modestement les choses. Mais de faire, pas de promettre l’impossible pour arriver nulle part. Nulle part, pourquoi ce sentiment persistant que c’est là qu’ils vont, qu’on va si on n’y prend garde. Dans le mur que l’imbécile dresse lui-même entre les hommes, les femmes, les blancs, les autres, les américains, le monde, et les frontières. Le café est fini. Je ramasse les reliefs du petit déjeuner, les enfants jouent à jouer, tout à l’air en place, mais la naïveté joyeuse qui pourrait être la mienne n’est plus. Hauts les cœurs : la victoire d’hier est un petit pied de nez aux prosaïques considérations, triste terre à terre mégalocentré. Ça ne sert à rien, n’apporte rien à personne, fait par des femmes qui ne sont pas des top model (quoique…. ), mais tant de joie de vivre ne peut rester inutile. Et on recommencera. Même si c’est vain, et parce que c’est vain et gratuit. Qu’il aille au diable. Et vous les filles, je vous aime toutes et chacune comme vous êtes, et vous remercie encore de la jolie soirée que nous avons passée ensemble et me réjouis des prochaines !!!

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